Ces visiteurs de l’ombre

article jsl 07/11/2013

Olivier Devergne, président du Rotary du Charolais, et son invité du mois, Arnoux Remusat, visiteur de prison. Photo E. L.

À chaque nouveau président une idée nouvelle. Olivier Devergne, à la tête des Rotariens de Paray et du Charolais, a choisi d’organiser des conférences ouvertes à tous.Partager
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Le monde carcéral, vous connaissez ? Le Rotary a décidé d’évoquer le sujet avec Arnoux Remusat, un des plus grands visiteurs de prison en France, ami de longue date avec le nouveau président du club charolais. L’occasion pour le président honoraire de l’Association des visiteurs de prison d’évoquer l’actualité avec l’idée de Mme Taubira de vider les prisons, mais aussi d’expliquer l’importance de ce bénévolat méconnu.

« La théorie de Mme Taubira consiste à imposer la contrainte pénale pour les personnes condamnées à des peines inférieures à cinq ans, explique le spécialiste. En cas de récidive, c’est la prison assurée. » Une bonne chose selon l’intervenant qui assure qu’aujourd’hui, les criminels ne représentent qu’une minorité des détenus (5 %).

« Le pique-bœuf sur le bœuf »
« Pour un même délit, on condamne plus qu’avant d’où le record absolu de population carcérale, atteint en octobre dernier. En France, nous disposons de 57 000 places alors que nous comptons 67 000 détenus. Le nombre de délits n’a pas vraiment augmenté, mais l’opinion publique pense qu’enfermer les délinquants est la solution. Alors, les dirigeants suivent l’opinion publique. Sauf qu’aujourd’hui, on se retrouve aussi en prison pour un excès d’alcool ou de vitesse. Le milieu carcéral n’est pas toujours la solution. Par exemple, en cas d’accident grave pour une des raisons citées, le travail d’intérêt général dans un centre de polytraumatisés serait bien plus pertinent qu’un séjour en prison, qui ne mène à rien, hormis parfois enfoncer un peu plus la personne dans la délinquance. Nous, les visiteurs de prison, croyons en une autre forme de punition et misons sur la réinsertion de ces publics. Nous sommes en quelque sorte le pique-bœuf sur le bœuf… »

La réinsertion, ou plutôt l’insertion est l’objectif phare de ces curieux bénévoles.

Miser sur l’après
« Nous sommes une écoute. Avec les détenus, nous échangeons sur des sujets autres que ceux liés à la criminalité. Nous ne portons aucun jugement sur les personnes rencontrées car nous ne savons rien d’elles. Notre but est, au travers d’échanges, de les préparer à leur sortie et de veiller que les droits de l’homme soient respectés. »

Faire en sorte que ce moment de leur vie ne reste qu’une erreur et les aider à corriger le tir, au travers de rencontres régulières. « Cela nous arrive même de devenir très proches de certains détenus au point de rester en contact ensuite, lorsqu’ils ont renoué avec la vie. Vous n’avez pas idée du nombre de personnes aujourd’hui avec des situations professionnelles très honorables, parce qu’elles ont accepté de se former et de préparer l’avenir derrière les barreaux… Comme le clame Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté, il faut éviter le populisme qui consiste à avoir des idées toutes faites… »

Micro Macro : quel micmac ? Ou que veulent dire les marchés financiers par Jean-Paul Pierret, membre de la société française des analystes financiers, président de la commission Relations émetteurs. La conférence aura lieu le 2 décembre à 19 h 30 au restaurant La Table d’Eugène à Digoin.

Inscriptions avant le 27 novembre auprès de Sophie Ducerf : lerotaryparay@gmail.com.

Renseignements auprès d’O.Devergne au 06.09.94.45.67.

Le monde carcéral, vous connaissez ? Le Rotary a décidé d’évoquer le sujet avec Arnoux Remusat, un des plus grands visiteurs de prison en France, ami de longue date avec le nouveau président du club charolais. L’occasion pour le président honoraire de l’Association des visiteurs de prison d’évoquer l’actualité avec l’idée de Mme Taubira de vider les prisons, mais aussi d’expliquer l’importance de ce bénévolat méconnu.

« La théorie de Mme Taubira consiste à imposer la contrainte pénale pour les personnes condamnées à des peines inférieures à cinq ans, explique le spécialiste. En cas de récidive, c’est la prison assurée. » Une bonne chose selon l’intervenant qui assure qu’aujourd’hui, les criminels ne représentent qu’une minorité des détenus (5 %).

« Le pique-bœuf sur le bœuf »
« Pour un même délit, on condamne plus qu’avant d’où le record absolu de population carcérale, atteint en octobre dernier. En France, nous disposons de 57 000 places alors que nous comptons 67 000 détenus. Le nombre de délits n’a pas vraiment augmenté, mais l’opinion publique pense qu’enfermer les délinquants est la solution. Alors, les dirigeants suivent l’opinion publique. Sauf qu’aujourd’hui, on se retrouve aussi en prison pour un excès d’alcool ou de vitesse. Le milieu carcéral n’est pas toujours la solution. Par exemple, en cas d’accident grave pour une des raisons citées, le travail d’intérêt général dans un centre de polytraumatisés serait bien plus pertinent qu’un séjour en prison, qui ne mène à rien, hormis parfois enfoncer un peu plus la personne dans la délinquance. Nous, les visiteurs de prison, croyons en une autre forme de punition et misons sur la réinsertion de ces publics. Nous sommes en quelque sorte le pique-bœuf sur le bœuf… »

La réinsertion, ou plutôt l’insertion est l’objectif phare de ces curieux bénévoles.

Miser sur l’après
« Nous sommes une écoute. Avec les détenus, nous échangeons sur des sujets autres que ceux liés à la criminalité. Nous ne portons aucun jugement sur les personnes rencontrées car nous ne savons rien d’elles. Notre but est, au travers d’échanges, de les préparer à leur sortie et de veiller que les droits de l’homme soient respectés. »

Faire en sorte que ce moment de leur vie ne reste qu’une erreur et les aider à corriger le tir, au travers de rencontres régulières. « Cela nous arrive même de devenir très proches de certains détenus au point de rester en contact ensuite, lorsqu’ils ont renoué avec la vie. Vous n’avez pas idée du nombre de personnes aujourd’hui avec des situations professionnelles très honorables, parce qu’elles ont accepté de se former et de préparer l’avenir derrière les barreaux… Comme le clame Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté, il faut éviter le populisme qui consiste à avoir des idées toutes faites… »

67 000 : le nombre de détenus aujourd’hui en France (10 millions dans le monde dont un quart aux États-Unis).

57 000 : le nombre de places dans les prisons françaises.

191 : le nombre de prisons en France.

2, 5 : en milliards d’euros, ce que coûtent chaque année les prisons françaises.

30 000 : le coût annuel d’un détenu français.

200 € : le coût d’un détenu par jour en Europe du Nord.

1 € : le coût d’un détenu par jour au Cambodge.

27 000 : le nombre de surveillants de prisons en France.

600 : le nombre de conseillers d’insertion pour l’ensemble de notre territoire.

2 000 : le nombre de bénévoles visiteurs de prisons en France.

98 : le nombre de nationalités que représentent les détenus de la prison de la santé à Paris.

1830 : L’année de création de l’Association des visiteurs de prisons depuis la prison de Fresnes à Paris.

Le monde carcéral, vous connaissez ? Le Rotary a décidé d’évoquer le sujet avec Arnoux Remusat, un des plus grands visiteurs de prison en France, ami de longue date avec le nouveau président du club charolais. L’occasion pour le président honoraire de l’Association des visiteurs de prison d’évoquer l’actualité avec l’idée de Mme Taubira de vider les prisons, mais aussi d’expliquer l’importance de ce bénévolat méconnu.

« La théorie de Mme Taubira consiste à imposer la contrainte pénale pour les personnes condamnées à des peines inférieures à cinq ans, explique le spécialiste. En cas de récidive, c’est la prison assurée. » Une bonne chose selon l’intervenant qui assure qu’aujourd’hui, les criminels ne représentent qu’une minorité des détenus (5 %).

« Le pique-bœuf sur le bœuf »
« Pour un même délit, on condamne plus qu’avant d’où le record absolu de population carcérale, atteint en octobre dernier. En France, nous disposons de 57 000 places alors que nous comptons 67 000 détenus. Le nombre de délits n’a pas vraiment augmenté, mais l’opinion publique pense qu’enfermer les délinquants est la solution. Alors, les dirigeants suivent l’opinion publique. Sauf qu’aujourd’hui, on se retrouve aussi en prison pour un excès d’alcool ou de vitesse. Le milieu carcéral n’est pas toujours la solution. Par exemple, en cas d’accident grave pour une des raisons citées, le travail d’intérêt général dans un centre de polytraumatisés serait bien plus pertinent qu’un séjour en prison, qui ne mène à rien, hormis parfois enfoncer un peu plus la personne dans la délinquance. Nous, les visiteurs de prison, croyons en une autre forme de punition et misons sur la réinsertion de ces publics. Nous sommes en quelque sorte le pique-bœuf sur le bœuf… »

La réinsertion, ou plutôt l’insertion est l’objectif phare de ces curieux bénévoles.

Miser sur l’après
« Nous sommes une écoute. Avec les détenus, nous échangeons sur des sujets autres que ceux liés à la criminalité. Nous ne portons aucun jugement sur les personnes rencontrées car nous ne savons rien d’elles. Notre but est, au travers d’échanges, de les préparer à leur sortie et de veiller que les droits de l’homme soient respectés. »

Faire en sorte que ce moment de leur vie ne reste qu’une erreur et les aider à corriger le tir, au travers de rencontres régulières. « Cela nous arrive même de devenir très proches de certains détenus au point de rester en contact ensuite, lorsqu’ils ont renoué avec la vie. Vous n’avez pas idée du nombre de personnes aujourd’hui avec des situations professionnelles très honorables, parce qu’elles ont accepté de se former et de préparer l’avenir derrière les barreaux… Comme le clame Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté, il faut éviter le populisme qui consiste à avoir des idées toutes faites… »

Micro Macro : quel micmac ? Ou que veulent dire les marchés financiers par Jean-Paul Pierret, membre de la société française des analystes financiers, président de la commission Relations émetteurs. La conférence aura lieu le 2 décembre à 19 h 30 au restaurant La Table d’Eugène à Digoin.

Inscriptions avant le 27 novembre auprès de Sophie Ducerf : lerotaryparay@gmail.com.

Renseignements auprès d’O.Devergne au 06.09.94.45.67.

67 000 : le nombre de détenus aujourd’hui en France (10 millions dans le monde dont un quart aux États-Unis).

57 000 : le nombre de places dans les prisons françaises.

191 : le nombre de prisons en France.

2.5 : en milliards d’euros, ce que coûtent chaque année les prisons françaises.

30 000 : le coût annuel d’un détenu français.

200 € : le coût d’un détenu par jour en Europe du Nord.

1 € : le coût d’un détenu par jour au Cambodge.

27 000 : le nombre de surveillants de prisons en France.

600 : le nombre de conseillers d’insertion pour l‘ensemble de notre territoire.

2000 : le nombre de bénévoles visiteurs de prisons en France.

98 : le nombre de nationalités que représentent les détenus de la prison de la santé à Paris.

1830 : L’année de création de l’association des visiteurs de prisons depuis la prison de Fresnes à Paris.

Publié le mardi 3 juin 2014, par Club de PMC, et mis à jour le 3 juin 2014.